Utiliser l'haltérophilie en préparation physique : oui mais en étant formé !

L'haltérophilie est un outil de plus en plus utilisée dans la préparation physique de nombreuses disciplines sportives (rugby, football, volley, athlétisme...). Les objectifs peuvent être multiples qu'ils soient orientés vers le développement d'une qualité physique ou vers la prévention des blessures.  Ainsi, beaucoup d'entraîneur et de préparateur physique en intègrent régulièrement dans leur contenu d'entraînement. 

Cependant, préalablement à la mise en place d'exercices d'haltérophilie, il est nécessaire de se poser certaines questions afin de viser juste : 

- quels exercices sont adaptés pour répondre à mon objectif ? 

- quelles modalités d'exercice sont les plus adaptés en termes d'intensité (charges et tempo d'exécution), de volume (nombre d'exercice, séries, répétitions) et de récupération (durée et nature) ... ? 

- mes athlètes ont-ils les ressources techniques, physiques et mentales suffisantes pour réaliser ces exercices avec ces modalités ? 

- comment vais-je réguler la technique ainsi que les modalités d'exercice sur l'instant même de la séance ? 

Afin de répondre à l'ensemble de ces questions, il est INDISPENSABLE que l'encadrant ait une expertise suffisante. Cela implique qu'il soit formé 

Cela m'amène aux raisons qui m'ont poussées à écrire cet article. De par ma pratique de préparateur physique, d'encadrant en haltérophilie, d'enseignant à l'université via les étudiants que je suis mais aussi via les réseaux sociaux (puisque l'époque le veut bien) j'ai la chance d'être en contact avec de nombreux entraîneurs et préparateurs physiques qui ce sont ouverts à l'utilisation de l'haltérophilie. Cette ouverture est une excellente chose. Mais... bien souvent je constate un manque de maitrise de la discipline et ceci est problématique. En effet, j'observe  des contenus souvent non optimisés par rapport à l'objectif affiché de la séance  (ex : trop de répétitions, trop lourdes pour développer "l'explosivité"). J'observe également un manque de progressivité dans la manière d'amener les contenus (trop complexe trop tôt) ce qui implique que l'entraîneur passe trop de temps à réguler la technique (lorsqu'il est compétent pour) limitant l'implication dans un objectif de développement physique. Enfin, et c'est pour moi, la pire des situations : la technique du pratiquant est mauvaise (ex : mauvais placements du départ à la réception, erreur dans la trajectoire de barre...) et l'entraîneur n'en a pas conscience donc ne le régule pas ! Ainsi, rien qu'avec une différence dans le niveau de qualification de l'encadrant on peut passer d'un outil d'entraînement extrêmement puissant quand il est bien maitrisé à un outil inefficace voire même dangereux pour les athlètes. 

Donc chers collègues, utilisez l'haltérophilie pour la préparation physique OUI ! mais en étant formés pour 1-la sécurité de vos athlètes 2- rendre efficace puis optimal leur entraînement 

Afin de vous éclairer sur les possibilités de formation haltérophilie pour la préparation physique en France, un prochain article présentera les points forts et les limites des différentes formations existantes. 

 

Nicolas GRAVISSE